Concours dissertation

Concours de dissertation Auschwitz 2016-2017

Celui qui oublie son passé est condamné à le revivre…

Comme chaque année, les élèves des classes terminales ont participé au concours de dissertation organisé par la fondation Auschwitz. Le (la) lauréat(e) reçoit un chèque et la possibilité de participer à un voyage d’étude à Auschwitz pendant les vacances de Pâques.

Cette année, Elodie Bauduin, élève en option sciences sociales s’est distinguée et a obtenu le prix de la Province du Brabant wallon. C’est avec beaucoup d’émotion qu’elle a donc participé au voyage, visité et photographié ce camp d’extermination. De retour, Elodie a décidé de partager son expérience avec tous ses condisciples en leur offrant à la fin de l’année un marque-page sur lequel se trouvent une photo du camp ainsi qu’une citation incitant à la réflexion.

Il est si tôt trop tard pour réagir…

Elodie a ainsi apporté sa petite contribution à une nécessaire chaîne du souvenir…Pour que jamais nous ne revivions ces sombres années…

Voici sa dissertation :

 

Peut-on tout accepter au nom de la démocratie ?

    « Peut-on tout accepter au nom de la démocratie ? » Certains expliqueront cette citation de manière philosophique, psychologique, politique, juridique ou même scientifique…Mais aujourd’hui, vu ce que le monde devient, je pense qu’il est important d’expliquer cette citation de la manière la plus humaine qu’il soit : l’expliquer avec le cœur, avec mon cœur d’adolescente de 17 ans, peut-être un peu naïve mais aussi enthousiaste et passionnée. Le monde dans lequel je vis est un monde qui semble vaciller, évoluer vers un gouffre de peur et d’injustice. Et moi, je pense qu’il est temps de réagir et de dire ‘’non’’. Non, nous ne pouvons pas tout accepter au nom de la démocratie.  Pour préserver nos libertés et rester dans un monde civilisé.

Voulez-vous comprendre pourquoi ? Suivez-moi…   

Un des fondements de la démocratie est la règle de la majorité. En fait, étant donné que la démocratie est un régime politique où le pouvoir est détenu par le peuple, il est logique que les décisions se prennent en fonction de la majorité. Cette idée parait évidente mais prenons un exemple de l’actualité qui prouve que ce n’est pas aussi simple qu’il n’y parait : l’attitude du nouveau président américain qui signe « tout et n’importe quoi »et qui dit « tout et n’importe quoi ». Excusez-moi pour la façon dont je le dis, mais c’est mon avis.  En soi, il exerce sa fonction en toute légalité. Il a été élu démocratiquement même si personnellement, je ne pense pas qu’on puisse parler de démocratie absolue quand on laisse le choix final aux Grands électeurs et non à la majorité du peuple en termes de voix.  Mais quoi qu’il en soit, cette élection est dite démocratique puisqu’elle a respecté les règles du système américain.   Mais les Américains doivent-ils le laisser signer des décrets aussi dangereux et injustes que le décret anti-immigration ou  la construction d’un mur de protection? Doivent-ils le laisser s’exprimer comme il le fait de façon indécente et agressive vis-à-vis des femmes ou des gens qui ne partagent pas le même avis que lui ? Doivent-ils se taire et le laisser faire sous prétexte qu’il est libre d’exercer sa fonction presque comme il l’entend vu qu’il a été élu démocratiquement ? Devons-nous nous taire également et ne pas réagir ? Nous le pressentons :  ses décisions emmènent non seulement l’Amérique mais aussi le monde entier sur une voie égoïste, sans ouverture, un repli stérile, sans solidarité… Comme si nous pouvions dans ce monde globalisé rester chacun chez soi. Non, non et non. Je pense que les hommes élus qu’ils soient d’Amérique ou d’ailleurs n’ont pas tous les pouvoirs, qu’ils doivent respecter leurs peuples, qu’ils doivent accepter d’être critiqués, qu’ils doivent partager les décisions avec d’autres instances qui garantissent les libertés de tous…

Car comment parler de la démocratie sans parler des libertés de l’Homme ? Effectivement, c’est un des principes fondamentaux de la démocratie. Et ces libertés sont clairement définies et exprimées dans la Déclaration des droits de l’homme signée en 1948. Texte qui a suivi une période très sombre où un homme a confisqué la démocratie à son profit et dans un projet horrible où il était vu comme un droit de se ‘’débarrasser’’ d’une « sous-race » : les Juifs. Effectivement, des criminels de guerre ont considéré qu’il était normal, légal de commettre des atrocités sous prétexte que des Juifs nuisaient à leurs « parfaites petites vies ». Oui, pour eux, là était leur liberté. Une liberté qui avait soi-disant pour but de rendre leur vie meilleure. Il est pour moi inacceptable d’accepter de tels crimes au nom de la ‘’liberté’’ car il faut tenir compte du fait que la liberté de l’un n’est pas celle de l’autre et qu’en acceptant tout, le monde redeviendrait bien sombre.     

Enfin, je voudrais parler d’un autre principe démocratique qui est bien mis à mal dans nos sociétés dites civilisées : l’égalité. Nous sommes donc tous censés être égaux. Pourtant, selon nos origines, nos religions, notre sexe ou nos façons de penser et d’agir, nous n’avons pas tous les mêmes chances et nous ne sommes pas tous acceptés de la même façon. Beaucoup trop de personnes sont encore rejetées et dévalorisées injustement. Le racisme, l’homophobie, le sexisme sévissent encore trop souvent. Trop d’individus ne sont pas respectés tout simplement parce qu’ils sont différents. Je suis tout à fait d’accord avec le fait que chacun a le droit de penser ce qu’il veut. Là est la liberté de l’homme. Mais il est important pour moi d’également de respecter la pensée des autres. Nous sommes libres de nos choix autant que nous le voulons, tant que notre liberté de penser et d’agir n’entrave pas celle des autres et tant que notre liberté n’est pas utilisée pour faire volontairement du mal aux gens.

Aussi, j’aimerais avec l’insolence de ma jeunesse apporter ma petite pierre à l’édifice démocratique. Il me parait important aujourd’hui de réfléchir et d’être critique. Il me parait nécessaire aujourd’hui d’être actif et de ne pas accepter n’importe quoi. Les politiques, les médias, les réseaux sociaux sont puissants. Ils peuvent nous manipuler et nous faire croire tout et n’importe quoi. D’autant plus que le contexte actuel est assez sombre et que l’homme a tendance à vouloir trouver un bouc émissaire. En effet, l’homme a besoin de rejeter la cause de ses problèmes sur le dos des autres. De plus, il met facilement   des étiquettes : ‘’pauvre’’, ‘’moche’’, ‘’stupide’’, ‘’terroriste’’, ‘’délinquant’’, ‘’avare’’etc. Moi, par exemple, je suis belge, athée, omnivore et un peu ronde mais j’ai des amis de peau noire, des amis musulmans, des amis végétariens, des amis anorexiques, dépressifs et au chômage … Et vous savez quoi ? J’en suis très heureuse. J’aime la diversité des cultures, des opinions, des apparences et des fonctions. Je n’ai jamais rencontré 2 bouddhistes qui avaient exactement la même façon de penser. Jamais 2 Italiens ne m’ont dit exactement les mêmes mots. Jamais je n’ai confondu mes amis chinois. Donc, si j’avais un conseil à donner à tous :  c’est d’accepter les différences, de s’en rapprocher et de les respecter.  

En conclusion, je le redis haut et fort : nous ne pouvons pas tout accepter au nom de la démocratie. Soyons ouverts, soyons critiques, soyons vigilants. La conception de la liberté est différente pour chacun car nous sommes tout simplement tous différents et tant mieux ! L’important est de se respecter, s’écouter, se comprendre et s’accepter peu importe nos opinions, nos couleurs de peau, nos sexes, nos origines… Evidemment, nous avons le droit de ne pas être d’accord mais il faut garder en tête que rien ne justifie de faire du mal, d’écraser, d’humilier, de rejeter les autres ! La violence n’est jamais une solution ! Par contre, la communication est la clé de tout. C’est notre devoir à tous de faire en sorte que chacun puisse continuer à vivre ensemble librement dans un respect mutuel. Continuons de croire en l’humanité et nous réussirons à rendre notre monde plus beau !

Elodie Bauduin

 

 

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  • « L’important dans la vie, n’est pas où tu es, ni où tu étais, mais bien où tu veux aller »

    — inconnu